Une crise sanitaire qui nous interroge
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COMMUNIQUE PRESSE EELV MIDI-PYRENEEES

3 avril 2020

La crise sanitaire de ce coronavirus interroge notre rapport à la nature et au vivant autant qu’elle questionne sur l’affaiblissement des capacités de résilience de notre pays et de nos territoires. À l’échelle globale, la destruction méthodique de l’environnement participe à l’augmentation de la fréquence et la propagation rapide des pandémies. À l’échelle nationale, la dégradation méthodique de notre service public de santé nous rend collectivement plus vulnérables pour faire face aux épidémies et le confinement accroît les différences tant sociales que territoriales. Les questions de santé, de la défense des services publics, de la relocalisation de l’économie et de la lutte contre un système économique destructeur sont des combats menés de longue date par les militant-es et élu-es EELV.
Il y a actuellement une absence de questionnements sur l’ensemble de ce qui se passe comme si une société de contrôle totale politico-sanitaro-militaire s’installait, et que nous l’acceptions sans discuter, sans analyser. Il ne s’agit pas de nier l’ampleur de la situation et des risques qu’elle présente mais de la rapporter à ce qu’est aussi le contexte et c’est de fait la question de la transparence qui s’ouvre. Pour exemple la population mondiale augmente de plus de 200000 personnes par jour et depuis le début, la pandémie n’a pas encore effacé une journée de croissance démographique.
Les mesures sont prises au fil de l’eau par des gouvernements qui s’émeuvent peu des morts que font chaque jour dans le monde nos guerres armées ou économiques, les conditions de travail ici et surtout ailleurs, qui ne réagissent pas avec détermination aux urgences climatique et écologique. De combien de morts par an nos besoins de pétrole, de loisirs, de tourisme, d’informatique sont-ils responsables ? Pourquoi ne pas avoir appliqué « le principe de précaution » dès le début avec des mesures de quarantaine pour tout arrivant sur le territoire ? Cela aurait été compliqué certes, mais peut-être pas autant que ce qui nous arrive. Cela aurait été gênant pour ceux ceux qui voyagent pour affaires, pour tourisme, pour le capitalisme et la mondialisation ?… Ne payons-nous pas ces inconséquences ?
Ce confinement total qu’on nous impose n’annonce-t-il pas des jours plus sombres, des pouvoirs autoritaires qui sous prétexte de nous protéger nous enferment ?! Le biopouvoir, ce pouvoir sur la vie des corps et de la population, n’a-t-il pas là une occasion de franchir un nouveau stade ?
Face à cet état d’urgence sanitaro-militaire, nous, écologistes, ne baisserons pas la garde de nos convictions, nous ne courons pas dans les grandes surfaces au détriment de nos producteurs et commerces locaux, nous participerons à mettre en place réseaux et démarches qui conviendraient à une société de liens renforcés sur nos territoires.
Les manifestations, les marches pour le climat sont au placard et nous avons tout-es appris à nous soumettre rapidement grâce à l’interconnexion, à la peur panique d’une réalité certes inquiétante, mais relativisable. Le capitalisme mondial ne doit pas sortir gagnant de cet épisode ! Nous demandons dès aujourd’hui plus de transparence dans les informations, de véritables mesures pour toutes les personnes grâce auxquelles notre pays fonctionne, un accompagnement responsable pour les personnes les plus vulnérables (précaires, femmes battues, drogués, scolaires non accompagnés…) et des aides décentes pour les entreprises, artisans, commerçants, indépendants, agriculteurs… en difficultés économiques.
Nous souhaitons que soit augmentée l’efficacité du confinement en généralisant la distribution de masques et en systématisant les tests de dépistage. Nous demandons que les filières d’approvisionnement de l’ensemble des besoins de première nécessité soient sécurisées et que soit promu les systèmes de fonctionnement des AMAP, des circuits courts, par le maintien des marchés de proximité et de livraisons aux personnes.
Il nous faudra ensuite anticiper et prévoir un retour possible d’une autre pandémie notamment en créant des réserves stratégiques de matériels adapté et en mettant en place une politique de santé et de gestion de crise sanitaire à l’échelle de l’UE. Le développement de la production locale et bio alimentaire tout comme la garantie de services publics qualifiés d’essentiels pour la nation : santé, éducation, sécurité, justice, alimentation, télécommunications, poste, service public d’information… devront être des priorités. La question du revenu universel d’existence devra être mise à l’étude. Par ailleurs, une véritable politique de sensibilisation et de formation des populations aux risques majeurs (sanitaires et biologiques, industriels et nucléaires).devra être mise en en œuvre.
Nous apportons notre soutien et remercions les personnels de santé, les agriculteurs et producteurs locaux, toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui chaque heure sur le terrain pour nous permettre de continuer à vivre.
Le temps de rendre des comptes et celui des analyses viendra et nous espérons que cette crise sanitaire, prévisible mais sans précédent, favorisera la réflexion politique indispensable pour construire une société écologiste, sociale et solidaire plus juste et désirable pour tout-es.

Florence Cortès porte-parole EELV Midi-Pyrénées