Police, racisme et Etat de droit : une prise de conscience salutaire.
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A la faveur de l’émotion mondiale autour du cas de George Floyd, mais surtout grâce au travail de fond mené avec tous ceux qui refusent de désespérer de notre police. Il aura fallu quatre années au comité Adama pour imposer la question dans l’agenda du gouvernement.
Car si la France n’est pas les États-Unis, avec son lourd passif esclavagiste, elle n’en est pas moins concernée par un héritage colonial qui continue à alimenter un racisme latent, et des pratiques policières contestables et trop longtemps tolérées.
Certes, comme le dit le ministre de l’Intérieur, « il n’y a pas d’institution raciste… il n’y a qu’une police républicaine, au reflet de la société. » Et c’est bien parce que la police est au reflet de la société que ses dérives nous interpellent tous.
Il y a donc nécessité d’un examen de conscience collectif sur la persistance des préjugés coloniaux dans notre société. Des préjugés qui amènent, comme l’a constaté le Défenseur des Droits, à des « contrôles au faciès » créant un sentiment collectif d’insécurité dans la jeunesse noire et arabe de notre pays.
Il n’est pas admissible que ces pratiques perdurent, et surtout qu’elles entretiennent les préjugés racistes et les morts sans suites judiciaires du fait de violences disproportionnées de la part de certains agents.
Le gouvernement a fait un pas en avant. Il doit en faire d’autres pour que ces pratiques cessent, sans rien céder aux lobbies d’extrême-droite qui ont trop longtemps guidé la politique du Ministère de l’Intérieur. Notre société ne l’admet plus, ainsi qu’en témoignent les deux rassemblements tarbais de ces derniers jours auxquels certains militants EELV ont pris part.
Les policiers en tant que corps ne sont pas ici en cause, mais bien les pratiques de certains d’entre eux, malheureusement couvertes par une conception dévoyée de la solidarité professionnelle. Celle-ci devrait plutôt s’exercer pour revendiquer de meilleures conditions de travail face au suremploi des agents des forces de l’ordre par un gouvernement peu soucieux de dialogue social.
Ici comme partout, c’est l’Etat de droit qui doit prévaloir : la loi doit être la même pour tous. C’est la condition du respect de la démocratie et de la paix civile.

Pour le Groupe EELV 65
Yves Carrié Porte Parole