Pas de démocratie sans corps intermédiaires Pas de justice sociale sans transition écologique
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Le triste spectacle du 17 novembre nous le prouve : le dialogue entre un
président jupitérisé et des citoyens 2.0 réduits à l’expression de leurs
sentiments de colère, peur, qui versent trop facilement dans la haine,
voire la violence, est impossible.

Une démocratie adulte a besoin de ces corps intermédiaires que sont les
associations, syndicats et partis, dont le rôle est d’organiser et
structurer le débat public.

Sans ce maillon crucial de la démocratie, impossible de déboucher sur des
compromis qui évitent soit la violence, soit le désespoir.

Pour cela, il faut du temps, pour informer et ne pas s’en tenir aux
impressions, aux préjugés et à la réaction instantanée du « clic », mais pour
argumenter vraiment, peser les pour et les contre d’une décision.

Il faut des des lieux et des institutions dont le fonctionnement doit être
plus que jamais transparent. Car le besoin de participation citoyenne ne
peut plus s’accommoder des discussions en catimini et des décisions prises
à la va vite.

Un Grenelle de la transition est donc nécessaire et urgent.

Car il ne peut y avoir aujourd’hui de justice sociale sans transition
écologique. Et cette seconde idée doit finalement s’imposer. Or, elle est
loin d’être acquise. Très éloquents à cet égard furent les JT du soir du 17
novembre : on y passait sans transition (!) du compte-rendu des
manifestations des « gilets jaunes » aux morts et disparus des terribles
incendies de Californie. Or il y avait un lien à faire entre les deux. Le
lien est celui-ci : le changement climatique est déjà là avec ses
conséquences dramatiques, qui ne font que commencer. Il est donc plus
qu’urgent d’entamer notre sevrage du pétrole. Et celui-ci ne peut se faire
démocratiquement que par une justice sociale scrupuleuse.

Cela fait près de dix ans que nous le disons, comme le montre ce
communiqué du 3 septembre 2009 :

« Contribution Climat Energie ou taxe carbone : non au bal des hypocrites

Les adversaires de principe de cette Contribution ne répondent en rien aux
enjeux qui sont à son origine : désamorcer la bombe climatique en réduisant
vite et massivement nos émissions de gaz à effet de serre.

Il y a cependant deux conditions à cela :

-Que cet impôt constitue réellement une incitation à faire évoluer notre
mode de vie et de consommation.

-Qu’il soit équitablement réparti.

Cela signifie concrètement qu’il a vocation à voir son produit décroître
dans le temps : au fur et à mesure que le mode de consommation des Français
évolue dans le bon sens. Il ne peut donc par exemple remplacer la taxe
professionnelle ou un autre impôt à vocation pérenne.

Cela signifie aussi que son produit doit être intégralement utilisé pour
aider ceux qui en ont le plus besoin à faire évoluer leur consommation. Cet
impôt doit être redistributif pour faire reculer les inégalités. Le chèque
vert qui doit en être la contrepartie doit aller à ceux qui en subiraient
un réel préjudice parce que leur pouvoir d’achat est déjà trop faible et
que leurs besoins de déplacement sont vitaux.

La polémique démagogique créée par certains dirigeants de Gauche comme de
Droite obscurcit les enjeux au lieu de placer en pleine lumière la
nécessité absolue de désamorcer la bombe climatique au plus vite. »

Aussi, nous le répétons aujourd’hui sans en changer une seule ligne. Seule
l’urgence a augmenté.

Henri LOURDOU porte-parole EELV 65.