Les libertés publiques durablement menacées par le gouvernement
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Si l’on peut voir et célébrer la conquête de libertés nouvelles, sommes-nous capables de percevoir le moment où elles disparaissent ?

Ces derniers mois, le gouvernement est à l’initiative pour incarner une volonté de défense de la République. Les déclarations publiques, les décrets, les arrêtés préfectoraux se multiplient pour limiter nos libertés au nom de la défense de la République. Mais la République est-elle ici réellement invoquée pour protéger les citoyen.nes qui la constituent ?

Si certaines attaques aux libertés sont visibles et prennent une dimension brutale, d’autres sont plus sournoises et s’inscrivent dans le temps long. Ces restrictions progressives des libertés éducatives, des libertés d’association, des libertés d’expression sont les plus dangereuses elles s’inscrivent durablement dans le paysage politique au fil des années et des états d’urgence qui prennent place dans nos vies.

Au cœur du combat de l’écologie politique, il y a la lutte pour la défense des libertés civiles. Nous n’oublions pas les luttes menées par les mouvements écologistes contre la violence d’Etat, le droit d’informer, de vivre et d’éduquer nos enfants selon des modèles librement choisis.

Nous pouvons observer dans notre Région depuis plusieurs mois une situation emblématique de cette limitation des libertés qui ne semblent plus interroger les collectivités locales. Depuis bientôt deux mois plusieurs cols pyrénéens sont fermés par des plots au prétexte de la lutte contre l’immigration et le terrorisme. Si les formations politiques se sont émues de l’action xénophobe de Génération Identitaire au col du Portillon ( https://midipyrenees.eelv.fr/lombre-de-la-milice-au-col-du-portillon/), EELV Midi-Pyrénées reste bien seule pour demander la suppression de cet arrêté préfectoral.

Cet exemple s’inscrit dans un processus plus large de limitations des libertés de manifester et du choix de mise en place de doctrines de maintien de l’ordre qui occasionnent des violences policières. Mais aussi :

  • la loi dite de Sécurité globale, qui limite le droit d’informer et renforce les procédés de surveillance.
  • Le renforcement des droits de procéder à des dissolutions administratives d’association ou de groupes politiques. Si aujourd’hui, le gouvernement utilise ce droit pour s’attaquer au CCIF puis à Génération Identitaire. Nous savons que demain ce seront des associations écologistes qui appellent à la résistance non-violente et à la désobéissance civile qui pourraient être concernées. ( Article 8)

Ces dernières semaines, les déclarations des ministres ont permis de mettre en lumière les intentions du gouvernement pour s’attaquer aux libertés académiques. La ministre Frédérique Vidal a ainsi fait le choix de lancer une enquête visant à identifier un prétendu « islamo-gauchisme » dans l’université. La réaction vive du CNRS, des Présidents d’Université et de l’opposition l’ont amené à retirer ce terme qui ne désigne aucune réalité scientifique mais vise à stigmatiser des opinions. Pour autant, c’est bien un délit d’opinion et une restriction de la recherche et de l’enseignement qui se profilent.

Ce panorama de l’offensive globale contre les libertés publiques a de quoi nous préoccuper et justifie que les écologistes défendent un modèle républicain réellement émancipateur et fondé sur les droits des citoyen.nes. La République ne peut être utilisée comme argument pour piétiner les libertés fondamentales.

Régis Godec,

Secrétaire Régional EELV Midi-Pyrénées