Du national au local : les masques de l’impéritie
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Nous pouvons nous féliciter de recevoir, enfin, dans nos boîtes à lettres un sachet comportant deux masques
offerts conjointement par la région Occitanie et le département de la Haute-Garonne.
Le courrier d’accompagnement porte le titre : 1,4 million de masques pour l’égalité d’accès à la protection sanitaire. De plus, au bas du document, l’inscription « issus de filières de production nationales et locales». Rien à dire !
Seulement, lorsque nous regardons plus attentivement l’emballage, a côté du code à barres, nous lisons fabriqué
au … Pakistan.
Ces masques ont probablement été fabriqués par des enfants, dans des ateliers insalubres, sans aucune protection sociale et environnementale. Dans un rapport intitulé « Aucune négociation possible : pratiques de travail  inéquitables et abusives au Pakistan » datant de janvier 2019, l’ONG Human Rights Watch déclare : « Les ouvriers
du textile travaillent dans des conditions souvent déplorables et appelle le gouvernement à faire respecter les normes fondamentales du droit du travail. »
La région et le département ont-ils effectué les contrôles nécessaires ? Dans le cahier des charges, ont-ils exigé une
production, au plus, européenne ? Ces collectivités se sont-elles fait berner par leur fournisseur qui a fait venir des masques de l’autre bout de la planète, au mépris du coût environnemental, alors que des entreprises locales pouvaient en fabriquer ? La fin ne justifie pas les moyens !
Démondialiser, relocaliser, ce sont les promesses que nous avons souvent entendues pendant le confinement.
Mais les promesses… nous connaissons la suite ! La crise sanitaire s’estompant, le monde d’après redevient comme celui d’avant et, si nous laissons faire, ce sera pire.

D’autres villes, d’autres collectivités ont fait le choix de la production locale, ce qui est à saluer. Par exemple, le masque offert par la ville de Muret est fabriqué par des bénévoles. La mobilisation citoyenne a permis de fabriquer 15000 masques lavables « made in Muret ».
EELV souligne ces excellentes initiales locales.

Christian VALADE, Marie-Cécile SEIGLE-VATTE
Porte-parole EELV Groupe Local 31 SO
Juin 2020