17 novembre : avant de bloquer, réfléchissons, pour ne pas opposer urgence écologique et urgence sociale
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Ce gouvernement adepte du « en même temps » a loupé quelque chose en augmentant la taxation du carbone sans prévoir les mesures d’accompagnement nécessaires (ce qui a conduit notamment à la démission de Nicolas Hulot).
Ici, pour les habitants de nos territoires ruraux et pour les professions contraintes à de nombreux déplacements, la facture est salée.
Oui, le prix du gazole a augmenté de plus de 30% en 3 ans – sur le 0,40 € d’augmentation près de la moitié due aux taxes et plus de la moitié à l’augmentation du prix du pétrole.
Oui, pour la plupart, leurs salaires stagnent ou leurs retraites réelles baissent (effet CSG) quand les plus riches gagnent plus et paient moins d’impôts.
Oui, la taxe carbone est injustement répartie, quand le transport aérien, le transport maritime et les centrales thermiques en sont exonérés.
La colère est donc réelle et légitime. Cependant, nous ne nous associons pas à certains partis politiques qui se contentent d’exploiter cyniquement le désespoir et la colère, ou à certains nouveaux gourous des réseaux sociaux dont la pensée politique se résume à la comptabilisation des « clics » sur leurs propositions irréfléchies de détaxation des carburants.

Le peuple français consent à l’impôt quand il le juge utile et équitablement réparti.
Si râler ne suffit pas, bloquer ne vaut guère mieux. Car la question se pose : pour quoi faire ?
La solution n’est pas dans la réduction des taxes. La petite différence, et ses grandes conséquences, entre cette position et la nôtre, c’est qu’une baisse des taxes s’adresse à tout le monde et aboutit à relancer la consommation et le changement climatique, alors que des allocations compensatoires, telles que nous les revendiquons, seraient ciblées sur les personnes qui sont effectivement très impactées dans leur vie quotidienne et ne peuvent dans l’immédiat réduire leur consommation. La solution est donc dans lajuste perception et redistribution des taxes,…mais aussi dans l’invention de nouvelles solutions de déplacement : à cela il faut s’atteler collectivement, avec le soutien de pouvoirs publics qui doivent sortir de leur léthargie écologique !

Exigeons donc un plan d’urgence pour les mobilités, abondé par une taxe carbone appliquée à tous les transports !
Et mobilisons-nous pour cela le 8 décembre, à l’occasion de la COP 24 !
En sachant que cette question fait partie d’un enjeu plus large, qui est celui de la transition écologique et socialement juste de nos modes de vie. Car, ne nous y trompons pas : aucun bouc émissaire ne nous dispensera de cette remise en cause qui nous concerne tous.

Henri LOURDOU

Porte-parole EELV 65.